Déchiffrez la calligraphie à Hanoi

Au Vietnam, la calligraphie prend toutes ses lettres de noblesse. Au temps féodal, elle était réservée exclusivement à l’élite intellectuelle. Depuis une trentaine d’années, il y a un renouveau de cette écriture calligraphiée au sein de la classe urbaine du Vietnam.  C’est une discipline qui combine la spiritualité, la peinture et les arts martiaux. Ainsi, la calligraphie vietnamienne va au-delà d’une simple écriture décorative, comme on la connaît en Occident. Tous les gestes sont très précis dans la calligraphie vietnamienne. Chaque trait de caractère est pensé comme une position de tai chi, avec des mouvements corporels qui donnent du sens. Le tout s’exécute dans un ordre précis, avec un sens de tracer défini qui joue avec variations d’intensité avec concentration. C’est avant tout une philosophie qui sert à maîtriser le corps et l’esprit.

La beauté de la calligraphie peut sembler difficile à appréhender pour qui le lit pas le vietnamien. En revanche, la calligraphie libre, qui transforme des caractères ordinaires en peintures figuratives est plus accessible au grand public. Cela vous semble abstrait? Alors, suivez-nous dans un atelier concret. Prenez place face à une feuille blanche et posez-y votre pinceau. Votre maître calligraphe vous expliquera les techniques de base : équilibre, port de la plume, conception du caractère, sens des tracés. Ce n’est évidemment pas en une heure que vous deviendrez expert, mais vous serez surpris de votre capacité à identifier les significations de cette écriture. Vous deviendrez accroc ! Rien à voir avec les lignes d’écriture du cours préparatoire en Occident

Portrait de l’hôte

Duy Duc est à la fois chercheur en Lettres classiques chinoises et peintre, avant de devenir maître en calligraphie vietnamienne. À la fin des années 1980, il était professeur de langue chinoise et de la calligraphie chinoise. En 2013, il a ouvert son premier atelier suite à l’engouement pour cet art à Hanoi. Autour d’un thé, il nous sort les croquis de ses plus belles réalisations en nous expliquant la méthode d’élaboration des motifs.

Rencontrez Duy Duc

Les quatre trésors

Les principaux outils du calligraphe, appelés les « quatre trésors du lettré », sont le bâton à encre, la pierre à encre, les pinceaux, et le papier. Au Vietnam, la feuille de Dó est particulièrement réputée pour sa vitesse d’absorption de l’encre et sa durabilité dans le temps.  Les bâtons sont en suie de résine, mélangée à de la glu. L’entre est généralement noire, mais existe également en couleurs. La pierre à encre sert à dissoudre le bâton à encre avec une bonne quantité d’eau. Une encre épaisse est brillante, tandis qu’une encre légère est vivante et subtile.

Maîtrise du pinceau

Rien à voir avec l’usage du stylo, observez l’épaisseur du trait varier selon la pression et la vitesse. La délicatesse s’exprime grâce à la structure du pinceau. Ses poils, issus de toutes sortes de fourrure, doivent être ronds, mais effilés, réguliers et durs. Pour bien manier le pinceau, l’entraînement est crucial. La main doit toujours savoir ce qu’elle est sur le point de faire. Il n’y a pas de place pour l’hésitation. Il existe trois niveaux d’entraînement : le tracé, la copie et le travail de mémoire. À chaque étape, l’artiste peut davantage personnaliser son oeuvre.

Cette expérience vous intéresse?

Cette expérience en immersion est à inclure dans un circuit que vous composez selon vos envies. Nous conseillons notamment des itinéraires suivants: