Rizières au Vietnam : guide complet pour vivre la culture du riz

Mis à jour le: 19/05/2021 | Publié le: 18/05/2021
rizières au Vietnam

Les rizières au Vietnam font partie intégrale du paysage du pays. Elles sont présentes dans tout le pays et sur l’importe le relief : dans les hautes montagnes du Nord et du centre du pays, ou dans le sud, du côté du delta du Mékong. Compte tenu de la diversité des régions, on se perd dans la multitude d’endroits. À travers cet article, vous aurez tout ce qu’il faut pour préparer le voyage.


Où voir les rizières au Vietnam?

Le riz est l’alimentation régulière de la population vietnamienne. Il donne aux paysans la certitude de manger à leur faim. C’est pourquoi il est cultivé sur l’ensemble du territoire. Avec le progrès technologique, la riziculture leur assure une relative prospérité. Après avoir connu une période de production médiocre, le Vietnam est subitement devenu le premier exportateur mondial, devant la Thaïlande et l’Inde.

En fonction des configurations géographiques, la production du riz se décline de  différentes façons. Au Vietnam, on distingue deux catégories de rizière.

  • Dans les plaines. Il s’agit des champs de riz sur terrain plat. On utilise un procédé plus industrialisé pour l’exportation et la consommation de masse.
  • Autour des montagnes,  le riz sculpte des terrasses dans les paysages envoûtants des montagnes du Nord. Les techniques sont artisanales pour servir la consommation familiale

Les rizières en terrasses dans les régions montagneuses

Dans de nombreuses régions montagneuses du Nord Vietnam, les ethnies minoritaires ont sculpté des vallées pour y installer des cultures. Les étroites butées de terre séparent les parcelles et retiennent l’eau de pluie. Elles épousent à la perfection le relief montagneux. On a l’impression que celui-ci est façonné sur mesure. Pourtant, c’est la nécessité et non l’esthétique qui a poussé des populations à adopter une technique permettant de pallier la pénurie d’eau.

rizières au vietnam

Les techniques en cascade sont maîtrisées par plusieurs ethnies notamment les Thaïs, Dzaos et H’mongs. Originaires de la Chine méridionale, elles furent chassées de l’Empire du Milieu à partir du 14e siècle. Les tribus ont immigré vers les montagnes escarpées au Vietnam, en conservant toutes leurs traditions ancestrales. C’est pourquoi les rizières en terrasses ne sont pas exclusives au Vietnam. On en trouve également dans la province de Yunnan (Chine), au Laos et en Thaïlande.  

Lors des vagues migratoires, plusieurs ethnies ont adopté le mode de vie semi-nomade. Cela se traduit dans les rizières en terrasses. Les épaisses forêts qui recouvraient à l’origine des pentes abruptes furent coupées. On récupère les cendres des arbres brûlés pour fertiliser la terre et faire pousser du riz. Cette technique autorise un faible rendement. Dans toutes ces régions en altitude, il y a seulement une récolte annuelle contre 2-3 dans la plaine.

Quelles différences entre Sapa, Mu Cang Chai et Hoang Su Phi ?

Parmi les régions de rizières en gradin, quatre noms sortent du lot :

  • Sapa dans la province de Lao Cai
  • Mu Chang Chai dans la province de Yen Bai
  • Pu Luong dans la province de Hoa Binh
  • Hoang Su Phi dans la province de Ha Giang

À cause des informations pléthoriques sur Internet, une confusion s’installe chez les voyageurs. On ne voit pas trop la différence entre ces endroits dont les photos de paysage sont similaires. Pour différencier les quatre localités, vous pouvez utiliser les éléments suivant :

  • Le niveau de notoriété et le volume de visiteurs. Sapa est le lieu le plus connu du fait de son ancienneté dans le secteur touristique. En revanche, c’est aussi l’esclave du tourisme de masse. Viennent ensuite Mu Cang Chai et Pu Luong qui sont introduits au tourisme entre 2010 et 2014. Hoang Su Phi est le plus jeune (2015) et aussi le moins fréquenté
  • Type d’ethnie qui cohabite avec les rizières.
  • Diversité d’expériences lors d’un circuit. Ce détail est déterminant dans votre choix de rizières en terrasses. Les quatre localités sont très distancées les unes des autres. En général, il vaut mieux choisir un seul itinéraire correspondant au lieu sélectionné. La carte ci-dessous fait la synthèse

À l’heure actuelle, nous recommandons les circuits « verts » ou « bleu ». La raison est simple. Pu Luong et Hoang Su Phi font partie d’un enchaînement de plusieurs paysages différents. Pour plus de détail, regardez notre tutoriel sur comment choisir les rizière

Les rizières irriguées dans la plaine

rizières dans la plaine

À peine sort-on des agglomérations, l’étendue sans fin des rizières envahit le paysage. Des paysans s’affairent inlassablement dans les parcelles aux contours rectilignes. C’est un travail acharné, du lever au soleil à la tombée de la nuit, et ce depuis des siècles. Sous la tête ondoyante des plantes de riz se cache un monde presque aquatique. C’est un mélange de terre et de boue où l’eau des rivières vient se perdre, aidée par la persévérance de l’homme. Cette manne bénéfique permet d’effectuer plusieurs récoltes dans l’année :

  • Deux récoltes dans le Delta du Fleuve rouge (Nord Vietnam)
  • Deux récoltes du littoral du Centre
  • Trois récoltes dans le Delta du Mékong (Sud Vietnam)

Quand voir les rizières au Vietnam avec la variation des couleurs ?

Pour les amateurs de photographie, les rizières au Vietnam sont comme les champs de lavande en Provence. Il faut vraiment calculer les dates pour tomber sur le type de couleur que vous souhaitez. Hélas! On n’est pas maître des conditions climatiques. Grosso modo, il y a trois phases distinctes dans la culture du riz

  • Repiquage (printemps). C’est joliment appelé la « période des eaux miroitées ». Ce décor idyllique se passe notamment dans les montagnes du Nord. Les ethnies se servent de l’eau de pluie pour alimenter des rizières en terrasses. Les vasques deviennent d’immenses miroirs dans lesquels on opère le repiquage
  • Saison verte (été). C’est la période de la croissance des jeunes pousses de riz. Plus elles deviennent adultes, plus la couleur verte est foncée. C’est en été que vous aurez plus de chance de tomber sur ce type de couleur   
  • Moisson (automne). La couleur dorée des rizières au Vietnam est la source d’inspiration de plusieurs photographes. La joie se dessine sur le visage des paysans qui récolte le fruit du travail acharné.

Bien entendu, c’est vraiment un schéma très générique que nous présentons. Le Vietnam s’étire en longueur avec des microclimats du Nord au Sud. La moisson du Nord peut correspondre au repiquage du Centre !

Les expériences immersives en lien avec les rizières au Vietnam

Les rizières au Vietnam ne se limitent pas à la photographie. Il faut savoir que le riz est le berceau de la culture vietnamienne. Pour toucher cette âme profonde, on vous invite à côtoyer des paysans qui la créent. La meilleure façon de découvrir la riziculture passe par l’immersion dans le quotidien des agriculteurs vietnamiens. En fonction des trois saisons citées en haut, vous pouvez vivre de différentes expériences en lien avec le riz :

  • Labourer les champs avec le buffle
  • Repiquer du riz
  • Récolte, battage, séchage
  • Cuisiner des plats typiques sur base de riz
  • Artisanat à partir de la paille

Labeur des champs avec le buffle

C’est l’un des symboles du Vietnam rural. Animal paisible, le buffle est l’allié indispensable du paysan. Malgré sa corpulence, le buffle est à l’aise dans le sol boueux. Il est doté d’une puissance et d’une résistance colossales.

Avant l’ère de mécanisation, le buffle est un outil de travail pour les agriculteurs vietnamiens. Avant de recommencer le nouveau cycle de culture, il faut préparer le sol. Cela débute par le sillonner des parcelles. Dans un cadre bucolique, l’ambiance est animée dès le petit matin par les hommes et femmes qui, avec houe, charrue et buffle, passent des heures les pieds dans la boue. 

Repiquage du riz 

La charge du travail vous rappelle certainement des vendanges. Accroupies dans les rizières chargées d’eau, les femmes forment une ligne qui avance avec lenteur. Seules leurs mains bougent, manipulent avec dextérité les plantes. Elles les arrachent d’un premier champ où les grains de riz ont germé, pour les repiquer dans le deuxième champ plus vaste. Grâce à cette transplantation,  les jeunes pousses de riz parviendront à maturité et éviteront le pourrissement de leurs racines

Cette opération délicate ne peut être effectuée qu’à la main, botte par botte. C’est un travail épuisant au regard de la superficie des terres cultivées. Bien souvent, les paysans sont propriétaires de grandes exploitations. Les parcelles sont tellement immenses qu’ils sont obligés de faire appel à des repiqueuses professionnelles. Celles-ci sont trop pauvres pour posséder leurs propres terres.

Après la fête du Têt, les paysans vont aux champs pour commencer la saison de riz hiver-printemps. Tout le monde souhaite que le climat soit favorable pour une bonne récolte vers la fin de saison.

La récolte, battage et séchage

Avant de rejoindre les assiettes, les grains de riz sont séparés de leur enveloppe et séchés en plein air au soleil. A peine le soleil levé, les cohortes de chapeaux coniques sont à pied d’œuvre dans les champs. Les brassées de riz s’accumulent sur les petits remblais de terre avant d’être acheminées à l’aide de brouettes pour être séchées et traitées.

Toutes les opérations de la récolte sont manuelles. La surface de la rizière et la fragilité de la plante ne permettent pas l’invasion de machines. En revanche, celles-ci sont utilisées pour l’extraction de la graine, le décorticage et le polissage. En fait, la mécanisation n’est qu’une simple adaptation des techniques ancestrales.

Pendant la moisson, la plupart des petites routes de campagne sont recouvertes de tiges de riz. Les différents véhicules qui empruntent la chaussée chassent la graine hors de ses enveloppes par leurs passages répétés.  À mesure que le battage s’effectue, les paysans trient les graines qu’ils amassent en petits monticules dorés sur le bas-côté.

Slow travel comme alternative au tourisme de masse  

Pour vivre toutes les expériences de la riziculture, c’est compliqué de se débrouiller seul. Un routard a peu de chance de trouver la perle rare. Jusqu’ici, c’est intéressant d’appliquer notre méthode des quatre leviers d’accessibilité.

Pour rappel, le tourisme de masse est favorisé par la facilité d’accès. Il suffit de restreindre l’accès pour neutraliser le flux des touristes indésirables . Pour approfondir ce sujet, vous pouvez consulter le livre blanc : « Tourisme de masse au Vietnam : enjeux et perspectives »

Les rizières au Vietnam se trouvent principalement à la campagne. Du coup, les séjours d’immersion chez l’habitant sont une condition nécessaire si on veut vraiment vivre la riziculture. Le fait d’appliquer les leviers d’accessibilité s’inscrit directement dans l’approche de Slow Travel. Concrètement :

  • Repère géographique. C’est impossible d’utiliser le transport en commun pour atteindre les rizières. Il n’y a pas de panneaux d’indication. Bonne chance Google Maps !
  • Budget. À cause de l’inaccessibilité géographique, on est obligé de prendre un transport privatif, ce qui fait augmenter les dépenses. En outre, trouver la bonne information sur Internet prend des heures sans aucune garantie.
  • Temporalité. À la différence des lavandes, les rizières ont une amplitude climatique plus grande. Les saisons s’étalent sur toute l’année avec les variations de couleurs. Le touriste ne peut pas vivre « tout-en-un » dans une seule période précise.
  • Accessibilité relationnelle. Le touriste est obligé d’être en contact avec les paysans. Or, ils ne s’approchent jamais spontanément vers le touriste pour proposer l’expérience. La barrière de la langue est l’obstacle majeur. Il faut passer minimum une nuit pour installer une confiance. Cette durée est un luxe pour les touristes pressés. Bonne chance Google Translation !

La meilleure façon est d’avoir recours à une agence de voyages qui fournit le « code d’accès ».

Où passer les séjours d’immersion pour vivre la riziculture?

Pour l’aurez compris, les rizières peuvent être partout, mais aussi nulle part ! Sauf si on est Marco Polo ou Laurence d’Arabie, se faire accepter par une vraie famille d’agriculteur n’est pas une mince affaire au Vietnam. Pour faciliter la tâche, nous avons des solutions clé en main.

Au-delà du riz, c’est aussi l’identité territoriale qui se dégage à travers les régions proposées. Concrètement

  • Village Duong Lam qui reflète fidèlement la culture villageoise du Delta du Fleuve Rouge
  • Région Hai Hau à cheval entre la riziculture et les traditions chrétiennes
  • Pu Luong avec les norias uniques
  • Hoang Su Phi avec les rizières en terrasses escarpées
  • Ninh Binh entre rizières inondées et rochers karstiques

Circuits qui intègrent les rizières au Vietnam

En fonction du type de couleur et les expériences visées, les itinéraires sont différents. La liste ci-dessous va vous aider dans le choix

Van Thai

L’AUTEUR Van Thai

Ayant grandi dans une famille de diplomates, j’ai passé mon enfance expatriée à travers plusieurs pays asiatiques. En quête de sens, mes voyages personnels sont toujours remplis de rencontres humaines, d'immersion culturelle et de découvertes authentiques. Avec mon entreprise familiale, je livre un combat acharné contre le tourisme de masse.

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